La chronique historique de Francine

 

Octobre 2020

Clin d’œil sur notre histoire

La chasse

J’ai choisi quelques-unes de mes recherches que j’aimerais partager avec vous, gens de ma municipalité de Saint-Aimé-du-Lac-des-Iles.

            Étant donné que la chasse aux cervidés bat son plein, j’y consacrerai ce premier texte. Pour plusieurs d’entre vous, quand vient l’automne, l’appel se fait sentir. Que ce soit à l’arbalète, à l’arc ou à la carabine, on a rendez-vous avec l’orignal ou le cerf de Virginie.

            Comment cela se passait-il au lac des Iles avant l’arrivée de l’homme blanc? Quel cervidé y chassait-on?

            L’orignal? Oui. Le cerf de Virginie? Non, il n’était pas encore rendu dans nos parages. Cependant, la région du lac des Iles (lac Obanakaw) et celle du lac du Cerf (lac Piwapiti), était reconnue comme l’endroit de prédilection d’un cervidé de grande taille nommé wapiti. Grand comment? Plus petit que l’orignal mais plus grand que le caribou.

            Le peuple spécialiste de la chasse au wapiti faisait partie de la grande famille algonquine (anishinabé) et portait le nom de Oueskarinis, c'est à dire le peuple de la nation du Cerf. En 1613, les estimant peu nombreux, Champlain a nommé cette tribu Petite-Nation. Leur territoire était baigné par les rivières Petite-Nation, Rouge, Lièvre et Gatineau.

            Au printemps, ils descendaient ces rivières et s’assemblaient le long des rives de la rivière des Outaouais afin d’y pratiquer le troc avec les autres Amérindiens. Les vêtements joliment décorés que leurs femmes fabriquaient avec les grandes peaux de wapiti étaient très recherchés. À l’arrivée de l’automne, les Oueskarinis remontaient les rivières par groupe de 15 à 30 personnes et se dispersaient dans leurs territoires ancestraux par le réseau des lacs et rivières.

            On chassait les cervidés en hiver quand ceux-ci s’enfoncent dans la neige jusqu’au poitrail contrairement au chasseur chaussé de raquettes. Des chiens effectuaient des battues d’où l’expression « faire le chien ». Ces chiens étaient de petite taille, généralement noirs avec parfois des taches blanches. Ils avaient le museau allongé, la denture forte et tous avaient les oreilles droites. L’arrivée de chiens aux oreilles tombantes, apportés par les Français vers 1610, intrigua grandement les autochtones.

            Le javelot, parfois muni d’un propulseur, l’arc et les flèches servaient à la mise à mort. Le chasseur devait donc s’approcher assez près de l’animal traqué au risque d’être attaqué par lui.

            L’exploitation forestière ayant rasé son habitat, le wapiti a disparu de notre région. Vers le début des années 1900, on en aurait tué quelques-uns aux alentours du lac du Cerf. À l’état sauvage, le wapiti se rencontre maintenant dans l’ouest du Canada et, au Québec, on en fait l’élevage.

                                                                                                                      Francine Ouellette

 

CLIQUEZ ICI POUR LE TEXTE EN PDF